Dans les annales de la mythologie grecque, le titan Atlas se démarque par sa puissance et ses exploits légendaires. Doté d’une force surhumaine, il joua un rôle clé dans des guerres titanesques. Plongeons dans les profondeurs de son histoire, explorant ses batailles épiques, ses relations avec les dieux et les répercussions de ses choix sur la mythologie grecque.

I. La naissance d’Atlas et sa lignée divine
Selon Hésiode, il est l’un des Titans, fils de Japet/Iapet et de Clymène (ou Thémis), et frère de Prométhée, Épiméthée et Ménoétios. En revanche, Platon, dans son récit sur l’Atlantide, le présente comme le premier fils de Poséidon et de la mortelle Clito, faisant d’Atlas le roi éponyme de l’île légendaire, autour de laquelle s’étend la mer Atlantique, également nommée en son honneur. Son règne sur l’Atlantide marque un âge d’or où l’île prospérait avant de sombrer dans le déclin moral et la destruction.
En tant que Titan, Atlas est surtout célèbre pour sa punition éternelle infligée par Zeus après la défaite des Titans lors de la Titanomachie. Condamné à porter la voûte céleste sur ses épaules, il devient un symbole de l’endurance et du fardeau perpétuel. Atlas est également associé à la connaissance et à l’astronomie, initiant les mortels aux mystères des étoiles. Il est le père des Pléiades, des Hyades et des Hespérides, ces dernières gardiennes des mythiques pommes d’or.
II. Le fardeau céleste : L’histoire d’Atlas et des Titans
Au cœur de la mythologie grecque réside le conflit colossal entre les Titans et les dieux olympiens. La Titanomachie, une guerre épique pour le contrôle du cosmos, fit rage. Atlas se distingua dans cette bataille mythique, s’alignant aux côtés des Titans pour affronter les dieux menés par Zeus. Les cieux tremblaient alors que ces forces divines s’affrontaient, chacune luttant pour assurer sa domination.
Mais la Titanomachie ne fut pas sans conséquences. Les Titans furent finalement vaincus, et les dieux olympiens montèrent sur le trône céleste. En guise de châtiment pour leur rébellion, notre titan fut condamné à porter la voûte céleste sur ses épaules, soutenant le poids des cieux pour l’éternité.
III. Héra et les Pommes d’Or – la rencontre d’Atlas et d’Hercule
Parmi les récits enchanteurs de la mythologie grecque se trouve l’histoire des Pommes d’Or, gardées par les Hespérides dans un jardin lointain. Les dieux avaient soif de ces pommes, attributs de l’immortalité, et Hera, la reine des dieux, avait un plan pour les obtenir (vous comprendrez rapidement la mesquinerie de la reine des dieux qui n’hésite pas à jouer sur tous les tableaux). La légende d’Héra trompant Atlas pour obtenir les pommes des Hespérides est liée à l’un des douze travaux d’Héraclès (ou Héraclès, connu sous le nom d’Hercule en latin), le héros mythologique grec. Les travaux étaient une série d’épreuves imposées à Héraclès par le roi Eurysthée, sous les ordres d’Héra, la femme jalouse de Zeus.
L’un des travaux consistait bien sûr à obtenir les pommes d’or des Hespérides, qui étaient des nymphes du crépuscule et les filles même d’Atlas. Les pommes d’or étaient gardées dans un jardin situé à l’extrême ouest, où les Hespérides les protégeaient farouchement.
Pour accomplir cette tâche, Héraclès se rendit d’abord chez Atlas, le père des Hespérides, et lui demanda de l’aide pour obtenir les précieuses pommes. Le titan, qui était fatigué de soutenir le ciel et qui cherchait un moyen de se décharger de cette lourde tâche, saisit cette opportunité.
C’est là qu’Héra intervint. Elle avait toujours été une ennemie d’Héraclès en raison de la jalousie de son mari Zeus à son égard, et elle voulait saboter son succès dans ses travaux. Elle conseilla au titan de proposer à Héraclès de porter le ciel sur ses épaules pendant qu’Atlas irait chercher les pommes. Elle convainquit Atlas qu’une fois qu’il aurait les pommes, il n’aurait aucune raison de reprendre son fardeau céleste. Ce dernier accepta ce plan.
Héraclès, croyant qu’il pouvait supporter le poids des cieux brièvement, accepta l’accord. Atlas partit chercher les pommes et, dès qu’il les eut en sa possession, il refusa de reprendre le ciel. Héraclès, sachant qu’il avait été trompé, demanda au titan de porter le ciel pour un instant de plus afin qu’il puisse ajuster son manteau pour supporter le poids. Atlas, se croyant intelligent, reprit le fardeau, mais Héraclès s’enfuit rapidement avec les pommes, laissant Atlas à sa tâche éternelle de soutenir les cieux.
Ainsi, la ruse d’Héra permit à Héraclès de réussir le travail des pommes d’or des Hespérides et de compléter un autre de ses légendaires exploits.
IV. L’union avec Pléioné et la descendance d’Atlas
Au-delà des batailles et des intrigues, Atlas était aussi lié aux affaires du cœur. Il épousa Pléioné, une nymphe d’une beauté extraordinaire, et leur amour engendra une descendance d’une grande renommée. Les Pléiades, sept sœurs étoilées, et les Hyades, nymphes divines associées à la pluie, étaient les fruits de cette union. Ces constellations scintillantes dans le ciel nocturne perpétuent l’héritage d’Atlas, immortalisant son amour dans les étoiles elles-mêmes. De cette union, certains textes mentionnent la naissance de Calypso.
Avec sa nièce Hespéris, il aurait eu les Hespérides.
V. La légende de Persée et Atlas
Persée, cherchant refuge chez Atlas, se voit refuser l’hospitalité en raison de sa filiation avec Zeus. Pour venger ce refus, Persée pétrifie Atlas sur place en lui montrant la tête tranchée de Méduse, qu’il avait récemment vaincue. Suite à cet acte, Atlas subit une transformation, devenant ainsi le gigantesque massif montagneux connu sous le nom de chaîne d’Atlas. Cette montagne s’élève si haut qu’elle semble toucher le ciel, se trouvant à la frontière occidentale du monde grec antique. Cet emplacement correspond à la région de Gaïa, une étendue de terre qui englobe les territoires actuels du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie en Afrique du Nord. Hérodote est le premier à mentionner cette montagne d’Afrique du Nord dans ses écrits.
Atlas, figure emblématique de la mythologie grecque, continue de laisser une empreinte durable sur la culture moderne à travers divers domaines. Son rôle de porteur de la voûte céleste incarne l’idée du fardeau et de l’endurance, souvent utilisé comme métaphore pour représenter des responsabilités écrasantes. Cela se reflète dans des expressions courantes comme « porter le poids du monde sur ses épaules ». En cartographie, le mot « atlas » désigne désormais une collection de cartes géographiques, en hommage au Titan, symbole de l’exploration et de la géographie. Son image est également récurrente dans les arts visuels, la littérature et les médias. Enfin, son nom est associé à des entités géographiques comme la chaîne de montagnes de l’Atlas en Afrique.